Union économique et monétaire UEM: aspects externes
1997/2065(COS)
OBJECTIF: le présent document a pour but de fournir une première analyse des
aspects externes de l'introduction de l'euro.
CONTENU: compte tenu de l'importance économique de la zone euro -quelle que
soit sa dimension initiale -, l'introduction de la monnaie unique aura
également des conséquences majeures pour les Etats membres qui n'y
participeront pas, ainsi que pour les pays tiers. Le document de réflexion
de la Commission européenne présente une première analyse économique de
l'impact probable de l'euro sur l'évolution de l'économie internationale et,
plus particulièrement, le système monétaire international. Cette analyse ne
propose pas, pour l'heure, de conclusions définitives mais entend plutôt
stimuler le débat.
Selon la Commission européenne, l'arrivée de l'euro sur la scène
internationale devrait entraîner plusieurs conséquences:
1) La zone euro: une entité économique à l'échelle des Etats-Unis: la zone
euro (à supposer qu'elle s'étende aux 15 Etats membres) aura un poids
économique et commercial comparable à celui des Etats-Unis et supérieur à
celui de l'économie japonaise. En 1996, la part de l'Union dans le PIB de
l'OCDE s'élevait à 38,3%, contre, contre 32,5% pour les Etats-Unis et 20,5%
pour le Japon. Le commerce extérieur de l'Union (échanges
intra-communautaires exclus) représente 20,9% du commerce mondial, alors que
les parts des Etats-Unis et du Japon sont respectivement de 19,6% et 10,5%.
Grâce à l'Union monétaire, l'Europe disposera d'un marché intérieur à la
mesure de sa puissance économique et commerciale. Le marché des obligations
libellées en euros devrait notamment devenir un des plus importants marchés
financiers mondiaux.
2) Une vulnérabilité moindre aux effets des fluctuations internationales des
monnaies: les économies européennes sont aujourd'hui fortement sensibles aux
fluctuations des marchés des changes internationaux en raison du fait qu'une
part importante de l'activité économique européenne est orientée vers le
commerce international (les exportations représentent environ 30% du PIB
européen, contre 8% pour les Etats-Unis et 9% pour le Japon). Après
l'introduction de l'euro, le degré d'ouverture de l'économie européenne ne
sera plus que de l'ordre de 10%. Les sociétés européennes seront ainsi moins
affectées par les fluctuations des taux de change sur les marchés mondiaux;
3) Un déclin progressif de la domination internationale du dollar: la
position dominante du dollar s'effrite depuis le début des années 80 et
l'introduction de l'euro devrait accélérer cette évolution à trois niveaux:
a) les transactions commerciales: l'euro sera face au dollar une alternative
attrayante pour les échanges, notamment avec les pays de l'Est, du Bassin
méditerranéen et d'Afrique;
b) les réserves des banques centrales: l'euro devrait devenir une monnaie de
réserve particulièrement attrayante;
c) la composition des portefeuilles: entre 1981 et 1995, la proportion de
l'épargne mondiale détenue en monnaies européennes est passée de 13% à 37%,
alors que la part libellée en dollars refluait de 67% à environ 40%. Cette
tendance devrait se poursuivre avec l'introduction de l'euro;
4) Pas d'impact brutal sur les taux de change: le document, après avoir
examiné l'impact du passage à l'euro sur les marchés, conclut qu'il ne
devrait pas y avoir de fluctuations excessives et intempestives des taux de
change. Fondé sur des principeséconomiques sains et un cadre institutionnel
anti-inflationniste, l'euro sera un facteur de stabilité renforcée pour le
système monétaire international;
5) Une occasion de renforcer la coopération macro-économique internationale:
le passage à l'euro fournira l'occasion de renforcer la surveillance et la
coordination internationales en matière économique et monétaire en vue
d'assurer une plus grande stabilité des taux de change. Le document examine
le cadre institutionnel dans lequel sera définie la politique de change
extérieure de l'euro. Il présente en particulier les responsabilités
respectives du Conseil, de la Banque centrale européenne et de la Commission
en fonction des différentes formes possibles de relations de change entre
l'euro et les monnaies des pays tiers. Le document conclut que le système
actuel de flottement concerté des taux de change subsistera après
l'introduction de l'euro. Il souligne toutefois qu'un certain nombre de
questions restent à résoudre, notamment en ce qui concerne la façon dont la
politique de change de l'euro devra être définie. Les conséquences du
passage à l'euro pour les instances internationales comme le FMI et le G7
feront également l'objet d'un examen attentif.