Coopération CE/PVD: appui aux programmes démographiques dans les PVD
1995/0166(SYN)
En adoptant le rapport de M. Jean-Thomas NORDMANN (ELDR, F), le Parlement
européen a approuvé cette proposition de règlement avec les modifications
suivantes :
-il rappelle qu'en matière de fécondité, la liberté de choix individuelle
des hommes et des femmes est un élément important du progrès et du
développement et note, à cet égard, une évolution dans certains PVD allant
dans le sens d'une réduction de la natalité,
-il souligne que la Communauté encourage le droit de l'individu de choisir
le nombre et l'espacement des naissances de ses enfants, et qu'elle condamne
tout pays ou organisation qui viole les droits de l'homme en préconisant
l'avortement obligatoire, la stérilisation forcée, l'infanticide, le rejet,
l'abandon et les mauvais traitements infligés à des enfants non souhaités,
comme moyens de contrôler la croissance de la population,
-il demande que les actions menées prennent en considération l'ensemble des
aspects de la démographie (fécondité, mortalité, migration,...) et que la
dimension de la population soit intégrée progressivement aux différents
aspects de la politique de développement,
-il souhaite en particulier qu'un montant de 300 Mécus soit consacré à cette
politique en l'an 2000, comme la Communauté s'y est engagée à la conférence
du Caire,
-il demande en outre que cette politique:
.permette aux femmes et aux hommes d'exercer librement leur choix quant au
nombre et à l'espacement des naissances des enfants qu'ils souhaitent avoir,
en empêchant les grossesses non souhaitées et les MST, y compris le
HIV/Sida;
.contribue à créer un environnement socio-culturel, économique et éducatif,
tout particulièrement pour les femmes et les jeunes filles en condamnant
toutes formes de violences sexuelles;
.favorise l'égalité des chances hommes/femmes dans la vie familiale,
.observe rigoureusement la décision de la Conférence du Caire suivant
laquelle l'avortement ne peut en aucun cas être encouragé en tant que
méthode de planification familiale. Il n'y a donc pas financement
d'interruptions de grossesse à partir de cette ligne budgétaire;
.appuie l'établissement et le développement de services de soin et de santé
génésiques et des services de planification familiale;
.améliore les soins de santé génésiques en terme d'infrastructures,
d'équipements, d'approvisionnement ou de formation (y compris les maternités
sans risque, les soins pré- et postnataux, la planification familiale et la
prévention et la gestion du virus HIV/Sida);
.aide à la mise en place d'une politique de la famille, y compris
l'éducation et l'alphabétisation, comprenant une information sur les moyens
contraceptifs fiables et légaux;
-il demande encore que les programmes soient mis en oeuvre sur la base d'un
dialogue entre les autorités nationales, régionales et locales concernées,
de manière à éviter que des politiques soient imposées sans consultation, et
afin de tenir compte de la situation économique, sociale et culturelle des
sections de la population concernée. Les femmes seront appelées à jouer un
rôle de tout premier plan dans la mise en oeuvre et dans la planification
des actions;
-la participation aux appels d'offres et aux marchés est ouverte à égalité
de conditions à toutes les personnes physiques et morales des Etats membres,
de l'Etat bénéficiaire et d'autres PVD. Elle peut, dans des cas
exceptionnels dûment justifiés, être étendue à d'autres pays tiers;
-une contribution des partenaires locaux est souhaitée (pour des dépenses de
fonctionnement, surtout);
-l'aide communautaire ne doit pas être accordée aux pays ou organisations
qui autorisent ou encouragent l'avortement obligatoire, la stérilisation
forcée et l'infanticide comme méthodes de contrôle démographique;
-la transparence doit être renforcée : à cet égard, les réunions
d'orientations générales de la Commission devront être publiques et les PV
transmis au PE et au Conseil;
-le règlement devra être revu au terme d'une première période d'application
de 5 ans.