Résolution sur l'Ouzbékistan

2005/2631(RSP)

Le Parlement européen a adopté par 99 voix pour, aucune voix contre et aucune abstention, une résolution sur l'Ouzbékistan.

Le texte adopté en plénière avait été déposé en tant que résolution commune par les groupes PPE-DE, PSE, ALDE, Verts/ALE, GUE/NGL et UEN.

Sachant que le gouvernement ouzbek n'a toujours pas autorisé une enquête indépendante sur les événements d’Andijan, le 13 mai 2005, évènements au cours desquels, selon certains témoignages, plusieurs centaines de civils auraient été tués par armes à feu au cours d’une manifestation, le Parlement européen appelle la Commission d'inscrire à la réserve du budget annuel de l'Union européenne, sans préjudice de l'aide humanitaire, les crédits destinés aux projets nationaux et au renforcement des institutions en Ouzbékistan. Le Parlement condamne en particulier le refus de transparence et le repli sur soi du gouvernement ouzbek.

Les députés réitèrent l'importance de l'entretien des relations bilatérales avec ce pays et reconnaissent le rôle crucial que joue l'Ouzbékistan en Asie centrale. Ils soulignent toutefois que ces relations doivent être fondées sur le respect des principes de la démocratie, de l'état de droit et des droits de l'homme, comme l'indique l'accord de partenariat et de coopération UE-Ouzbékistan.

Le Parlement soutient pleinement la décision prise lors de la réunion du Conseil "Affaires générales et relations extérieures" du 3 octobre 2005 d'instaurer un embargo sur l'exportation vers l'Ouzbékistan des armements et des équipements militaires pouvant servir à des fins de répression ainsi que la décision de mettre en œuvre des restrictions à l'admission dans l'Union des ressortissants ouzbeks directement responsables de la répression à Andijan. Il soutient en particulier la décision de suspendre sine die toutes les réunions techniques prévues au titre de l'accord de partenariat et de coopération, ainsi que la décision de la Commission de réduire son programme Tacis pour mettre davantage l'accent sur les besoins des populations, la démocratie et les droits de l'homme.

La résolution prie également le gouvernement ouzbek de :

  • libérer tous les défenseurs des droits de l'homme, les journalistes et les membres de l'opposition ;
  • restaurer la liberté de la presse ;
  • mener les procès intentés contre les citoyens accusés d'avoir tenté de renverser le gouvernement ouzbek en conformité avec le droit international ;
  • aider les députés européens qui doivent participer à la sixième réunion de la commission de coopération parlementaire UE-Ouzbékistan dans leurs démarches pour se rendre à Andijan.

Le Parlement invite enfin les autorités kirghizes à ne pas déporter les réfugiés arrêtés tant que le gouvernement ouzbek ne pourra pas garantir un procès indépendant et impartial pour les prévenus.