Adoption par la Slovénie de la monnaie unique au 1er janvier 2007

2006/0109(CNS)

Depuis son entrée dans la zone euro, le 1er janvier 2007, la Slovénie a intensifié et terminé ses préparatifs pratiques en vue de l'adoption de la monnaie unique. Le plan directeur de la Slovénie pour le passage à l'euro repose sur le scénario dit du « Big bang », dans lequel les billets et pièces en euros sont introduits le jour du passage à l'euro (1er janvier 2007 dans le cas de la Slovénie). Au terme de la période de double circulation comprise entre le 1er et le 14 janvier 2007, durant laquelle le tolar slovène et l'euro avaient tous deux cours légal, l'euro est devenu la seule monnaie ayant cours légal.

La Slovénie réunissait certes un certain nombre de conditions favorables, mais les préparatifs méticuleux effectués en temps utile lui ont assuré une transition sans heurts. La présente communication illustre les principaux aspects de cette transition, notamment en ce qui concerne la mise en circulation des pièces et des billets en euros, la conversion des systèmes administratifs et financiers dans les secteurs public et privé, l'évolution des prix (et la perception de leur évolution) liée à la transition et le point de vue des citoyens concernant le passage à l'euro.

De plus, cette communication tire les principales leçons suivantes de cette expérience pour les pays qui adopteront eux aussi l'euro à l'avenir :

- Introduction réussie de l'euro dans la vie quotidienne en Slovénie : le passage à l'euro en Slovénie confirme clairement l'expérience de la première vague et montre tout l'intérêt de préparatifs actifs effectués en temps utile. Les pays bien préparés effectuent la transition rapidement et sans heurts, et leurs citoyens en gardent une impression positive ;

- Conversion des liquidités en Slovénie : la disponibilité d'une quantité importante d'espèces en euros, avant et après le 1er janvier, a largement contribué à faciliter l'échange des espèces. La vitesse du passage à l'euro fiduciaire était très similaire à l'expérience de la première vague de 2002, mais les citoyens et les entreprises avaient cette fois plus de temps et d'occasion pour acquérir les quantités nécessaires d'euros. La conversion des liquidités en Slovénie confirme par ailleurs la faisabilité, du point de vue technique, d'une courte période de double circulation (2 semaines, qui contribue à minimiser la charge pour les détaillants et les autres entreprises. De plus, le retour de l'ancienne monnaie, qui avait donné lieu à d'importants goulets d'étranglement durant la période de transition pour la première vague en 2002, a été remarquablement rapide, en particulier en ce qui concerne les billets.

- Conversion des systèmes administratifs et financiers : la transition opérée en Slovénie confirme l'intérêt de l'approche du « Big-bang » pour les nouveaux participants, en particulier les petits pays. Puisque des espèces en euros sont disponibles depuis 2002, ce scénario semble être le plus intéressant pour les futurs participants à la zone euro, notamment grâce à sa simplicité en termes de communication et d'information.

- Evolution des prix : l'expérience de la transition en Slovénie montre que les impressions, les attentes et la réalité ne correspondent pas nécessairement en ce qui concerne l'évolution des prix. Un changement de monnaie influence les échelles de valeur du public et déclenche un processus d'adaptation mentale progressive, et ces éléments jouent un rôle dans le processus. Dans tous les cas, les impressions quant aux prix constituent encore un défi majeur pour les prochaines transitions ;

- Réactions de l’opinion publique : l'état de l'opinion publique en Slovénie confirme le rôle crucial de l'information et de la communication dans le processus de transition. Les citoyens et les entreprises pleinement informés des conséquences pratiques de l'euro se sentent systématiquement plus confiants concernant l'introduction de la monnaie unique et semblent éprouver très peu de difficultés. À l'inverse, le manque d'information entraîne des appréhensions et une mauvaise compréhension.