Rapport annuel 2010 de la BCE
2011/2156(INI)
La commission des
affaires économiques et monétaires a adopté un
rapport dinitiative de Ramon TREMOSA i BALCELLS (ADLE, ES)
faisant suite au rapport annuel 2010 de la Banque centrale
européenne (BCE).
La commission
compétente rappelle que conformément au traité FUE,
l'objectif principal de la BCE est de maintenir la
stabilité des prix et que celle-ci contribue à la
stabilité financière et à la présence de
liquidités appropriées sur les marchés financiers.
Les députés se félicitent du fait que les efforts
déployés par la BCE pour maintenir l'inflation à un
taux proche des 2 % aient connu, jusqu'ici, une réussite
remarquable. Ils se disent toutefois préoccupés de
l'effet des augmentations des taux d'intérêt sur la
croissance économique de la zone euro.
Le rapport souligne
que le rachat d'obligations sur les marchés secondaires
se justifie par l'objectif visant à rétablir une
politique monétaire efficace en cette période de
dysfonctionnement exceptionnel de certains secteurs du marché;
ces programmes de rachats d'obligations devraient être
assortis de programmes de neutralisation des liquidités.
Les
députés croient dans la force de l'économie de la
zone euro et dans l'importance de l'euro en tant que monnaie
internationale. Ils sinquiètent toutefois de la
persistance de turbulences financières dans l'Union et de
déséquilibres macrofinanciers substantiels entre les
économies de la zone euro ainsi que des pressions
déflationnistes constatées dans de nombreux États
membres de la zone euro. Ils s'inquiètent également des
évolutions monétaires mondiales et de la valeur
extérieure de l'euro et appellent à une coordination
internationale beaucoup plus poussée pour renforcer la
stabilité du système monétaire mondial.
La Commission est
invitée à :
créer une
Fondation européenne de notation du crédit et
à évaluer les avantages et les inconvénients de la
suspension temporaire de la notation de crédit pour les pays
qui mettent en uvre un programme d'ajustement de l'Union ou
du FMI;
entreprendre les
démarches nécessaires pour mettre en place un fonds
monétaire européen et faire en sorte ainsi qu'à
l'avenir, la politique européenne en matière de
crédit puisse se passer du FMI.
Gestion de la
crise : le rapport salue l'attitude déterminée et
volontariste adoptée par la BCE depuis le début de la
crise en 2007, et plus récemment, pendant l'été 2011
lorsque certaines économies majeures de l'Union ont
été mises en difficulté, face à
l'indécision permanente des États membres. Les
députés croient cependant que la politique monétaire
doit se voir attribuer une part de responsabilité dans la
création des bulles d'actifs.
Le rapport
déplore l'absence d'un cadre adéquat de politique
économique de l'Union pour gérer les crises ainsi que
les hésitations dont font montre dans la gestion de la crise
la Commission et les États membres, en particulier ceux
où des réformes s'imposent. Le Conseil et la Commission
sont invités à soumettre rapidement des mesures
globales et radicales pour préserver la stabilité de
l'euro.
Les
députés soulignent qu'en l'absence d'un cadre
adéquat de gestion de la crise dans la zone euro, la BCE a
été amenée à prendre des risques qui
n'étaient pas couverts par sa mission. Ils reconnaissent la
nécessité de mesures non conventionnelles dans le domaine
de la politique monétaire et constatent leur caractère
temporaire. Ils demandent toutefois que ces programmes soient
progressivement abandonnés dès lors que la stabilité
sur les marchés financiers sera atteinte, que la crise de la
dette souveraine sera résolue et qu'un cadre communautaire
sera établi pour répondre adéquatement à
l'instabilité financière. Ils appellent à prendre
des mesures pour mettre en place une gouvernance économique
plus intégrée.
La BCE est
invitée à mettre en place, au titre du programme pour les
marchés de titres, un mécanisme de taux d'actualisation
qui puisse être ajusté en cas de nouvel abaissement d'un
titre donné par la plupart des agences de notation de
crédit, pour garantir que la BCE ne finisse pas par
détenir trop d'actifs risqués. Dans le contexte d'urgence
actuel, les députés estiment quil est pressant de
définir et de rendre publiques les conditions strictes
supplémentaires dont les fournitures de liquidités de la
BCE sont assorties, y compris les conditions prudentielles
allant au-delà des règles internes non divulguées et
les décotes liées aux garanties acceptées pour ses
opérations de refinancement.
Gouvernance
économique et financière : le rapport
préconise, pour le système financier, une politique
macroprudentielle plus intégrée dans le contexte de
la politique monétaire, tenant compte des différences
entre les pays de la zone euro et les autres pays de l'Union. Les
députés demandent une augmentation significative des
ressources mises à la disposition de la nouvelle architecture
de surveillance financière. Ils soulignent par ailleurs la
nécessité :
de créer
un ministère européen des finances unique,
éventuellement à partir de la Commission,
conformément à la proposition faite par Jean-Claude
Trichet à Aix-la-Chapelle le 2 juin 2011; la question de la
légitimité démocratique d'une telle proposition
devra être étudiée ;
d'un
Trésor européen unique pour décharger la BCE
de son rôle quasi budgétaire; ce Trésor
européen pourrait être mis en place moyennant une
modification du traité UE;
de mettre en
uvre et d'appliquer rapidement les dispositions du paquet
relatif à la gouvernance économique; à ce
propos, les députés demandent une application
résolue et équilibrée du pacte européen de
stabilité et de croissance et la création d'un
mécanisme automatique pour l'imposition de sanctions aux pays
encourant des déficits budgétaires.
Enfin, le rapport
recommande que la BCE accentue la transparence de ses
travaux afin de renforcer sa légitimité et sa
prévisibilité. Les députés réitèrent
le souhait de voir le résumé des procès-verbaux des
réunions du Conseil des gouverneurs rendu public. Ils se
réjouissent de l'engagement pris par la BCE de rendre compte
au Parlement et soulignent le rôle très constructif
joué par les instances dirigeantes et le personnel de la BCE
dans la procédure de codécision.