Union bancaire - Rapport annuel 2016
Le Parlement européen a adopté par 504 voix pour, 153 contre et 28 abstentions, une résolution sur lUnion bancaire - rapport annuel 2016.
La création de l'Union bancaire est un élément indispensable d'une véritable Union économique et monétaire (UEM). Toutefois, des efforts supplémentaires sont nécessaires étant donné que l'Union bancaire reste incomplète tant qu'elle ne dispose pas d'un dispositif de soutien budgétaire et d'un troisième pilier en ce qui concerne lassurance des dépôts.
Surveillance des créances douteuses : les députés se sont déclarés préoccupés par le niveau élevé des créances douteuses, notant que selon les données de la Banque centrale européenne (BCE), en avril 2016, les banques de la zone euro détenaient 1.014 milliards EUR de créances de ce type.
Tout en se félicitant des efforts déjà déployés pour réduire le niveau des créances douteuses dans certains États membres, le Parlement a appelé la Commission à aider les États membres, entre autres, à créer des sociétés de gestion dactifs dédiées (ou «structures de défaisance») et à renforcer la surveillance. Il a rappelé dans ce contexte limportance de la capacité de vendre des créances douteuses afin de libérer des fonds, notamment pour les prêts des banques aux PME.
Les députés ont salué la proposition de la Commission sur linsolvabilité et la restructuration et ont invité les États membres, en attendant son adoption, à améliorer leur législation en matière dinsolvabilité ainsi que leur cadre juridique en matière de restructuration de la dette, et à mettre en uvre les réformes structurelles durables pour faire face aux créances douteuses.
Risques liés à la dette souveraine : la résolution a souligné quun traitement prudentiel adéquat de la dette souveraine pourrait encourager les banques à mieux gérer les expositions souveraines. Le cadre européen devrait garantir la discipline du marché en mettant en uvre des mesures durables et en apportant des actifs liquides de grande qualité pour le secteur financier ainsi que des dettes sûres pour les gouvernements.
Accès au financement : les députés ont souligné quun accès fiable au financement et à lallocation optimale de fonds propres au sein du système financier fondé sur les banques européennes dépendait fortement de la solidité des bilans financiers et du caractère convenable de la structure du capital, dont le rétablissement, après la crise financière, na pas été et nest toujours pas assuré dans lUnion, freinant ainsi la croissance économique.
Le rapport a rappelé que le secteur bancaire européen jouait un rôle crucial dans le financement de léconomie européenne, ce qui est renforcé par un système de surveillance important. Il a donc salué lintention de la Commission de maintenir le facteur supplétif pour les PME dans la future révision du CRR/CRD et détendre la portée de celui-ci.
Banques dimportance systémique : le Parlement a mis en garde contre les risques liés aux entités «trop grandes pour faire faillite». Il sest engagé à travailler rapidement sur les propositions législatives en vue de la mise en uvre dans lUnion des mesures destinées à réduire ces risques approuvées à léchelle internationale (notamment la capacité totale dabsorption des pertes, la compensation centrale de produits dérivés, le ratio de capital et le ratio de levier complémentaire pour les banques dimportance systémique à léchelle mondiale). Il a salué les efforts en cours en vue daméliorer cadre des tests de résistance.
Représentation au sein du comité de Bâle sur le contrôle bancaire : les députés ont souligné l'importance du rôle de la Commission, de la BCE et de l'Autorité bancaire européenne (ABE) en termes de participation aux travaux du comité de Bâle sur le contrôle bancaire et la nécessité de fournir au Parlement et au Conseil des informations actualisées et transparentes sur l'état d'avancement des discussions au sein du comité.
Selon les députés, l'UE devrait s'efforcer d'avoir une représentation appropriée au sein du comité, notamment pour la zone euro. Le comité devrait aider à promouvoir des conditions de concurrence équitables au niveau mondial en atténuant - et non en exacerbant - les différences entre les modèles bancaires de lUnion.
Organes nationaux de gestion des risques systémiques : tout en saluant la création de conseils nationaux du risque systémique, les députés ont souligné que létablissement de lUnion bancaire renforçait la nécessité dintensifier la politique macroprudentielle au niveau européen afin de répondre efficacement aux possibles débordements transfrontaliers du risque systémique. La Commission est invitée à proposer une surveillance macroprudentielle efficace et cohérente dans sa révision générale du cadre macroprudentiel en 2017.
Les députés ont souligné la nécessité réduire la complexité institutionnelle qui caractérise linteraction entre le comité européen du risque systémique (CERS)/la BCE/le mécanisme de surveillance unique (MSU) et les autorités nationales en ce qui concerne la surveillance macroprudentielle.
Le Parlement a également déclaré que le résultat du référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans lUnion soulignait la nécessité dune évaluation de lensemble du système européen de surveillance financière, en ce compris des modalités de votes relatives à lABE.
De plus, les probables négociations faisant suite au référendum ne devraient pas conduire à des conditions de concurrence inégales entre les institutions financières de l'UE et des institutions financières non communautaires et ne devraient pas être utilisées aux fins dencouragement à la déréglementation du secteur financier.
Résolution : le Parlement a insisté sur la nécessité dappliquer les règles en matière daides dÉtat lors de la résolution de futures crises bancaires. Lexception que constitue le soutien extraordinaire des pouvoirs publics devait être de nature préventive et temporaire et ne pourrait être utilisée pour compenser des pertes quune institution risque de subir. Il a préconisé de définir des procédures efficaces entre le CRU et la Commission en ce qui concerne la prise de décision dans lhypothèse dune résolution.
En outre, la Commission devrait évaluer si le CRU et les autorités de résolution nationales sont dotées de compétences dintervention précoce pour éviter une détérioration déstabilisante des fonds propres et de la capacité dabsorption des pertes des banques pendant une crise.
Exigence minimale de fonds propres et dengagements éligibles (MREL) : le Parlement a pris acte des propositions présentées par la Commission dintroduire dans le premier pilier une capacité totale dabsorption des pertes (TLAC) minimale pour les banques dimportance systémique mondiale, conformément aux normes internationales.
Les députés ont souligné quil convenait, dans le contexte du calibrage et de lintroduction progressive des critères MREL, daccorder une attention particulière à la nécessité de créer un marché pour les engagements conformes à la MREL. Ils ont également rappelé limportance de maintenir la marge dappréciation pour lautorité de résolution lors de la détermination de la MREL et de veiller à ce que les banques possèdent des fonds propres réglementaires et une capacité dabsorption des pertes suffisant.
Garantie des dépôts : le Parlement a réitéré leur appel à un troisième pilier afin de compléter l'Union bancaire. Il a déclaré que la protection des dépôts était une préoccupation commune à tous les citoyens de l'UE. Le rôle de la Commission devrait être de garantir des conditions de concurrence équitables dans ce domaine à l'échelle de l'UE et d'éviter toute fragmentation au sein du marché.