Décharge 2021 : Budget général de l'UE - 8e, 9e, 10e et 11e FED
La commission du contrôle budgétaire a adopté le rapport de José Manuel FERNANDES (PPE, PT) concernant la décharge sur lexécution du budget des huitième, neuvième, dixième et onzième Fonds européens de développement pour lexercice 2021.
La commission compétente a recommandé que le Parlement approuve la clôture des comptes des huitième, neuvième, dixième et onzième Fonds européens de développement pour lexercice 2021.
Fiabilité des comptes
Le budget du huitième FED (1995-2000) était de 12,8 milliards deuros, celui du neuvième FED (2000-2007) de 13,8 milliards deuros, celui du dixième FED (2008-2013) de 22,7 milliards deuros et celui du onzième FED de 30,5 milliards deuros, dont 29,1 milliards deuros ont été alloués aux pays ACP, 400 millions deuros aux PTOM, et 1,1 milliard deuros aux coûts administratifs.
Les députés se félicitent que, dans son rapport annuel sur les activités relevant des huitième, neuvième, dixième et onzième FED relatif à lexercice 2021, la Cour des comptes estime que les comptes pour lexercice clos le 31 décembre 2021 présentent fidèlement la situation financière des FED, le résultat de leurs opérations, leurs flux de trésorerie, ainsi que la variation de lactif net pour lexercice clos à cette date.
Légalité et régularité des opérations sous-jacentes aux comptes
Les députés se félicitent de lopinion de la Cour selon laquelle les recettes sous-jacentes aux comptes pour lexercice clos le 31 décembre 2021 sont légales et régulières.
Le rapport relève avec préoccupation que sur les 140 transactions examinées la Cour, 54 (38,8%) comportaient des erreurs, contre 36 (25,7%) en 2020 pour le même total de transactions. La typologie des erreurs relevées au cours de lexercice 2021 suit le schéma de 2020, à savoir lerreur estimée liée à des dépenses irrecevables, la violation grave des règles en matière de marchés publics, labsence de pièces justificatives essentielles et les dépenses non effectuées.
Les députés constatent avec inquiétude que le niveau derreur estimatif dépasse systématiquement le seuil de signification (2%) en sétablissant à 4,6% des dépenses comptabilisées au titre des huitième, neuvième, dixième et onzième FED pour lexercice 2021. Ils réaffirment quil est essentiel de sattaquer efficacement aux causes de cette augmentation.
Transparence et efficacité des systèmes de contrôle et dassurance
Le rapport demande à la Commission, compte tenu du taux derreur élevé observé chaque année, de revoir sa stratégie daudit ex ante et ex post et de généraliser plus avant la numérisation en vue de contrôles plus systématiques, en accordant la priorité aux pays partenaires où le plus grand nombre derreurs a été relevé.
Les députés relèvent avec préoccupation que le rapport de la Cour a déterminé que dans quinze cas derreurs quantifiables et huit cas derreurs non quantifiables, la Commission disposait de suffisamment dinformations pour pouvoir prévenir, ou détecter et corriger, les erreurs avant daccepter les dépenses. Ils constatent en outre que, daprès lévaluation de la Cour, si la Commission avait fait bon usage de toutes les informations à sa disposition, le niveau derreur estimatif aurait été inférieur de 2,4 points de pourcentage, contre 1,19 point de pourcentage en 2020.
Les députés jugent inacceptable que, comme les années précédentes, certaines organisations internationales naient accordé quun accès limité aux documents, ce qui entrave la planification et lexécution de laudit et entraîne des retards. Ils saluent les efforts déployés par la Commission pour résoudre le problème.
Prévention, détection et correction de la fraude
Le rapport déplore que la DG INTPA nait donné suite quà 33% des recommandations financières de lOLAF et que, dans lensemble, 20% des recommandations financières (émises entre 2017 et 2021) aient été pleinement mises en uvre, 20% aient été partiellement mises en uvre, 60% soient en cours de mise en uvre ou soient encore en cours danalyse. Il a insisté sur la nécessité daccroître le taux dapplication des recommandations de lOLAF.
En ce qui concerne lincidence éventuelle du retrait du Royaume-Uni de lUnion européenne sur les comptes 2021 des FED, le rapport se félicite de la conclusion de la Cour selon laquelle il ny a pas dincidence financière à déclarer sur les comptes des FED pour 2021 et que les comptes des FED au 31 décembre 2021 reflètent correctement létat du processus de retrait à cette date.
Appui budgétaire de lUnion
Les députés constatent que les paiements au titre de lappui budgétaire au titre des FED se sont élevés à 340 millions deuros en 2021. 25 pays ACP et 10 PTOM ont bénéficié dun appui budgétaire au titre des FED en 2021.
Au cours des deux dernières années, lappui budgétaire de lUnion a aidé les pays à effectuer des paiements dun montant total de 4,2 milliards deuros, dont 3 milliards deuros en 2020 et 1,2 milliard deuros en 2021, afin de soutenir les réformes dans différents secteurs et déviter de nouveaux reculs économiques et sociaux. Des blocages politiques et des crises nationales ont entravé la mise en uvre des programmes en cours dans plusieurs pays.
LAfrique subsaharienne reste le principal bénéficiaire de lappui budgétaire de lUnion (35 %), suivie par le voisinage européen (31%), lAsie (16%), lAmérique latine (6%), les Balkans occidentaux (4 %), les Caraïbes (3 %), les PTOM (3 %) et la région Pacifique (2 %). Par type de contrat, les contrats de performance en matière de réforme sectorielle lemportent sur les contrats de renforcement de lÉtat et de la résilience et les contrats relatifs aux objectifs de développement durable (ODD).
Le rapport souligne que lappui budgétaire de lUnion est un moyen de fournir une aide efficace, y compris dans les situations de crise, et quil contribue à renforcer les systèmes et les processus budgétaires nationaux afin de mettre en uvre les politiques publiques et dobtenir des résultats durables. Il rappelle quil importe dassurer la continuité du mécanisme pour un accès mondial aux vaccins contre la COVID-19 (COVAX) pour optimiser les chances que les citoyens des pays participants aient accès aux vaccins contre la COVID-19 ou à dautres vaccins en cas de nouvelle situation de crise
Les députés attirent lattention sur le fait que léradication de la pauvreté, la promotion des valeurs démocratiques et la lutte contre la dégradation de lenvironnement font partie des plus grands enjeux auxquels nous faisons face aujourdhui. Ils appellent de leurs vux un financement approprié pour réorienter la trajectoire actuelle, incompatible avec les ODD.
Selon les estimations, 64 millions denfants dans les pays en développement ne fréquentent pas lécole primaire, les filles, en particulier, ayant été particulièrement touchées. Les députés réaffirment que léducation et la formation sont à la fois des droits de lhomme et les instruments les plus puissants pour lutter contre la pauvreté, lexclusion sociale et les inégalités.
Le rapport attire également lattention sur le fait que tous les individus, en particulier les jeunes, devraient pouvoir vivre, étudier et travailler dans leur pays et leur région. Sans mesures efficaces contre la pauvreté, sans simplification du soutien au microfinancement et au développement des petits entrepreneurs, les mouvements migratoires pour des motifs économiques, à savoir la fuite des cerveaux, continueront de croître, ce qui soulèvera de multiples défis tant pour les pays de destination que pour les pays dorigine.
Les députés estiment que chaque pays bénéficiaire devrait présenter un plan à long terme, exposant ses projets et ses objectifs, conformément au calendrier du CFP. Cette architecture pourrait accroître la transparence et la prévisibilité de laide européenne au développement, ce qui permettrait détablir des objectifs à long terme définis par la Commission européenne, notamment dans des domaines qui nécessitent une planification prospective, tels que lénergie, la santé, lapprovisionnement en eau et la transition numérique et écologique.
Le rapport souligne quen dépit des nombreuses difficultés auxquelles lUnion européenne est confrontée en raison de la pandémie de COVID-19 ainsi que de la guerre dagression russe contre lUkraine et de ses conséquences géopolitiques et économiques, il est nécessaire daugmenter les dépenses consacrées à laide au développement.