Renouvellement du Dialogue de San José entre l'Union Européenne et l'Amérique Centrale
1995/2317(COS)
Le Dialogue de San José entre la Communauté et ses Etats membres et les six
pays de l'Isthme centraméricain (Costa Rica, El Salvador, Guatemala,
Honduras, Nicaragua, Panama) a été lance lors d'une Conférence
ministérielle, en septembre 1984, dans la capitale du Costa Rica et
institutionnalisée lors de la Conférence suivante, en novembre 1985, au
Luxembourg, sous forme d'une déclaration qui comporte les objectifs du
dialogue et le principe des réunions annuelle sa haut niveau. Depuis lors,
onze réunions ministérielles se sont tenues, dont la dernière "San José XI"
à Panama en février 1995.
Ce dialogue politique et économique constitue l'exemple d'un engagement
européen original sur le plan politique et celui de la coopération à
l'égard d'une région du monde en développement avec laquelle les liens
géographiques, historiques et économiques sont relativement limités, mais
dont l'inhabilité risquait, à l'époque, d'augmenter les tensions est-ouest
et d'affecter ainsi la Communauté.
C'est pour cette raison que l'objectif fondamental du "Dialogue" retenu
dans la déclaration de Luxembourg était celui de "... trouver, avec l'appui
et sous l'impulsion du Groupe de Contadora, une solution pacifique,
régionale, globale et negociée, afin de mettre un terme à la violence et à
l'instabilité dans la région, de promouvoir la justice sociale et le
développement économique ainsi que le respect des droits de l'homme et des
libertés démocratiques".
Cet objectif a été largement atteint au cours de la première décennie : la
Communauté a effectivement pu fournir une contribution significative au
processus de paix centraméricain, dans le cadre des accords de Esquipulas,
aussi bien au niveau régional que dans le cas des confrontations nationales
(Nicaragua, El Salvador, Guatemala) de même qu'un appui important à la
consolidation de la démocratie.
Parallèlement à cet acquis politique, le premier accord de coopération,
également signé par les partenaires, en 1985 à Luxembourg, et entre en
vigueur le 1er mars 1987, à fourni le cadre d'un renforcement considérable
de la coopération communautaire en faveur de la région centraméricaine. La
Communauté a, en effet, reconnu, des le début, l'existence d'un lien très
fort entre les efforts de stabilisation de la région et son développement
socio-économique. Cette intensification de l'aide tout au long de cette
période - avec un volume cumule d'engagements dépassant largement 1
milliard d'ecus et un montant annuel d'engagements nouveaux de l'ordre de
170 Mecus (en 1994) par rapport à 40 Mecus avant l'établissement du
dialogue - a permis à la Communauté Européenne de devenir le principal
bailleur de fonds en matière de coopération au développement de la région
centraméricaine et à cette dernière de se placer parmi les bénéficiaires
majeurs de l'aide communautaire par habitant dans le monde.
Conformément aux objectifs du dialogue, l'aide communautaire, pendant la
premières décennie, a été largement affectée à des actions en relation avec
le processus de pacification (notamment par un appui aux programmes de
réhabilitation au Nicaragua et au Salvador, ainsi qu'à des programmes de
réinsertion de populations déracinées) ou avec les besoins les plus urgents
des secteurs défavorisés (tels que l'aide alimentaire massive et les
projets en faveur du petit paysannat).
En février 1993, un accord de coopération plus ambitieux, comportant une
clause des droits de l'homme, une clause volitive ainsi qu'une gammée large
de secteurs de coopération, a été signe à San Salvador. Il n'est cependant
toujours pas entré en vigueur dans l'attente de sa ratification par
l'ensemble des pays centraméricains.
Le Panama et le Costa Rica sont les deux principaux partenaires dans la
région avec un volume d'échanges en 1994 respectivement de 1041 et 1162
Mecus. Environ 85 % des importations dans l'UE en provenance d'Amérique
centrale sont des produits agricoles alimentaires.
(Source:RAPID)