Lutte contre les mines terrestres antipersonnel dans les pays tiers autres que les pays en développement
2000/0062B(CNS)
La Commission avait adopté le 14 mars 2000 un projet de règlement fondé sur
l'article 179 du TUE visant à fixer un cadre juridique cohérent à l'action
de la Communauté en vue de lutter contre les mines terrestres antipersonnel.
Toutefois, il a été considéré à la suite du Conseil développement du
10.11.2000 qu'il était préférable de poursuivre les actions envisagées en se
fondant sur une base juridique différenciée en fonction du champ
d'application géographique des actions envisagées.
En conséquence, la Commission propose 2 règlements indentiques mais scindés
en fonction du champ d'application géographique des actions et fondés
respectivement sur l'article 179 CE pour les pays en développement (PVD) et
sur l'article 308 CE pour les pays tiers autres que les pays en
développement.
La présente proposition modifiée concernera la proposition relative aux
actions de déminage dans les pays autres que les PVD (art. 308 CE) et
tiendra compte à la fois des amendements du Parlement adoptés lors de la
plénière d'octobre 2000 et des modifications mineures intégrées dans le
corps du texte à la suite de la scission de la procédure ainsi que de
certaines autres modifications jugées pertinentes pour la clarté du texte.
L'autre volet fait l'objet d'une procédure séparée (voir COD/2000/0062) en
codécision avec le Parlement européen.
En ce qui concerne les amendements du Parlement, la proposition modifiée a
repris la majeure partie des modifications proposées par le Parlement. Les
19 amendements retenus portent en particulier sur :
- la nécessité de poursuivre l'élimination des stocks de mines dans le cadre
d'une stratégie globale de prévention et de règlement du problème des mines
au plan international;
- la nécessité de ne pas pénaliser les plans d'élimination des champs de
mines en vigueur au profit de la destruction des stocks présents dans les
États membres;
- la nécessité d'intensifier les efforts scientifiques et technologiques en
vue de détecter et de supprimer les mines;
- la nécessité d'aider également les pays qui n'ont pas adhéré à la
convention d'Ottawa;
- le renforcement de la coordination avec les utilisateurs finals des
équipements de déminage dès les premiers stades de la recherche surtout dans
les pays les plus pauvres;
- le renforcement des actions de déminage compatibles avec l'environnement
et le développement durable;
- le renforcement de la coordination entre acteurs internationaux dans le
domaine de la lutte contre les mines;
- le financement, dans le cadre du règlement, de la réhabilitation et de la
réinsertion sociale des victimes des mines ainsi que des normes de
sécurité;
- la nécessité pour les opérateurs qui soumissionnent à des projets de le
cadre du règlement de s'engager à ne pas exposer leurs collaborateurs sur le
terrain à des riques inutiles;
- le renforcement de la coopération avec les institutions internationales
compétentes (GICHD à Genève et autres ONG);
- l'accélération des actions d'urgence via une procédure de comité rapide et
une information ad hoc des États membres sur les décisions prises;
- la nécessité d'intégrer, si possible, les actions dans lacadre plus large
du développement ou de la reconstruction du pays ou de la région concernée;
- la nécessité de coordonner les actions entreprises avec les programmes mis
en place par la société locale ou les ONG;
- l'information périodique du Parlement européen sur les actions
entreprises.
En revanche, les amendements suivants n'ont pu être repris :
1) la comitologie : le Parlement suggérait la création d'un nouveau comité
se concentrant entièrement et exclusivement sur le phénomène du déminage. La
Commission refuse cette option, sachant que la multiplication des comités et
des enceintes de consultation allourdissent considérablement l'aide
extérieure. Elle propose toutefois de créer un groupe d'experts permettant
d'échanger les vues de chacun et de définir une stratégie globale de lutte
contre les mines;
2) le financement : tout en louant la proposition du Parlement de doter
cette ligne de 200 mio d'EUR de 2000 à 2006 dans le cadre de la
concentration de tous les besoins au sein d'une seule et même ligne
budgétaire enrichie (B7-661, sauf aides d'urgence ECHO et recherche), la
Commission estime qu'il n'est pas souhaitable d'extraire de toutes les
autres lignes les financements en faveur du déminage qui peuvent se
justifier pour diverses raisons;
3) la complémentarité des divers instruments : pour la Commission, il n'est
pas toujours possible d'assurer une telle complémentarité sans renforcer
notablement l'équipe en charge de ces dossiers au sein de la Commission;
4) la non ouverture des appels d'offres aux pays tiers dans le cadre du
règlement : la Commission estime que la participation de certains pays tiers
est essentielle pour la mise en oeuvre de ces actions.
À noter que la fiche financière de la proposition a également été modifiée
afin de tenir compte de la scission de la procédure. Ainsi la seule ligne
budgétaire B7-661 servira les deux règlements entre lesquels aucun
chevauchement ne sera possible y compris sur le plan financier.